La notion d'économie résidentielle s'inscrit dans le cadre de la théorie de la "base économique". Il s'agit d'une grille d'analyse des dynamiques territoriales qui vise à évaluer le volume et la provenance des revenus disponibles sur un territoire (les revenus "basiques"), en considérant que l'injection de ces revenus dans l'économie locale (l'économie dite "domestique") contribue de manière déterminante au développement d'un territoire, bien plus que sa capacité à attirer des entreprises "exportatrices".
En effet, on constate qu'à l'échelle locale, seulement 20 à 25% de la valeur ajoutée créée par les entreprises est reversée directement sur le territoire, principalement via les rémunérations en capital et en travail des résidents. Le reste de la richesse créée (les impôts, la part dédiée au capital, les salaires versés aux non-résidents...) est ventilée à un échelle supralocale.(voir schéma ci-contre) Par conséquent, le nombre d'entreprises "exportatrices" et fortement créatrices de valeur ajoutée - ainsi que le nombre d'emplois afférents-, n'est pas un indicateur suffisant pour apprécier le développement local d'un territoire. Les revenus générés par ces activités et redistribués sur le territoire ("la base productive privée") sont un moteur parmi d'autres du développement local, mais pas le plus décisif.
Les revenus qui irriguent l'économie d'un territoire proviennent de plusieurs sources :
Outre la base productive privée qui représente en moyenne 16,9% des revenus locaux, la richesse en circulation au niveau local émane en moyenne à 8,2% des salaires publics ("base publique"), à 22,1% des prestations sociales ("base sociale") et à 52,8% des revenus captés à l'exterieur par des personnes présentes sur le territoire ("base résidentielle"). (voir graphique ci-contre).
La base résidentielle constitue ainsi le principal apport de revenu sur les territoires et, par voie de répercussion, le principal moteur de l'économie "domestique" (soit les activités destinées à servir les besoins de la population présente sur le territoire: résidents et touristes). La base résidentielle est alimentée principalement par 3 catégories de revenus : - le salaire des "navetteurs" (actifs résidents mais travaillant hors du territoire): 11,8% du revenu global des territoires ; - les pensions des retraités: 25,1% ; - les dépenses des touristes : 15,9%.
La "base économique" du territoire comme moteur du développement local
D'après la théorie de la base économique, le développement local passe surtout par l'attraction des revenus mobiles (touristes, retraités, navetteurs...) car ces revenus, quand ils sont dépensés localement, ont un effet multiplicateur sur l'emploi et les revenus de la population. Ils viennent en effet alimenter l'économie "domestique" qui produit les biens et les services demandés localement et créer ainsi des emplois non délocalisables sur le territoire.
Au bilan, c'est de la maximisation de la propension à consommer localement les revenus captés à l'extérieur que vont dépendre principalement les indicateurs de développement d'un territoire (chômage, démographie, revenus de la population...).
N.B.: la notion d' "économie résidentielle" désigne généralement l'ensemble des activités "domestiques". Elle peut toutefois faire référence également à la "base résidentielle" telle que définie ci-dessus.
L'économie résidentielle sur le Pays Vitryat
La décomposition des sources de revenu sur le secteur du Pays Vitryat :
D'après les calculs réalisés par Laurent Davezies dans le cadre de l'élaboration du rapport de l'AdCf portant sur les impacts de la crise de 2007-2008 à l'échelle des territoires (lire le rapport), le secteur de la zone d'emploi "Marne Moyenne" (regroupant l'arrondissement de Vitry-le-François et de Saint-Dizier) est catégorisée comme un territoire à dominante "productif - public - soclal".

L'analyse détaillée des revenus par provenance (en % des bases totales) sur la ZE Marne Moyenne :
Le poids de l'économie "domestique" sur le Pays Vitryat :
D'après les données de l'INSEE, l'économie "domestique" ('sphère résidentielle' sur le graphique) représentait 55% des emplois sur le Pays Vitryat en 2007. Elle n'a cessé de progresser sur les trois dernières décennies que ce soit en proportion de l'emploi total (43% en 1982) ou en valeur brute (+ 1 114 emplois quand le territoire accusait un recul de 1 660 emplois).

Voir les 10 activités "résidentielles" les plus pourvoyeuses d'emplois en 2010 sur le Pays Vitryat : cliquez ici Voir les 10 activités "résidentielles" les plus créatrices d'emplois 1999-2010 sur le Pays Vitryat : cliquez ici
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